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Chronologie des évènements

Juin 1940: le mois fatal

En France

carte de l'invasion allemande en France en juin1940

carte de l’invasion allemande en France – 1940

3 juin – Fin du réembarquement dramatique des troupes à Dunkerque

5 juin – De Gaulle, sous-secrétaire d’Etat à la Défense nationale

6 juin – Les lignes françaises sur l’Aisne et la Somme sont enfoncées

9 juin – De Gaulle essaie à Londres de pousser à l’intervention anglaise

10 juin – L’Italie déclare la guerre à la France : sur les Alpes, 185000 (France) contiennent 500 000 Italiens

Repli du gouvernement français, sur Clermont puis Bordeaux

11 juin – Entrevue Paul Reynaud – Winston Churchill à Briare

12 juin – Weygand, Généralissime, ordonne le repli général des armées sur la Loire et la Bourgogne

14 juin – « Paris, ville ouverte » – Le drapeau allemand sur l’Arc de Triomphe

16 juin – De Gaulle fait négocier et accepter un accord franco-britannique

21h30 – Reynaud démissionne- Le Maréchal Pétain, Chef de l’Etat

Minuit – Pétain demande l’Armistice aux Allemands

17 juin – 12h30 – Pétain à la Radio :  » C’est le coeur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat »

18 juin – 3 députés d’Outre-Mer, dont le Sénégalais Galendou Diouf, font porter une missive auprès d’Albert

Lebrun, « Président de la République » (?)… » Notre France est blessée mais ne peut pas s’abandonner…En

s’appuyant sur son vaste empire, en concentrant tous ses moyens de défense dans son Afrique Noire, elle

pourra lutter jusqu’ à son dernier souffle Vive la France »

22h – Appel à Londres de Charles de Gaulle :  » La France n’est pas seule car elle a un vaste empire »

Félix Eboué, gouverneur du Tchad, répond le premier à cet « appel » dans le désert

18 – 21 juin - Combats héroïques des 2000 cadets de Saumur sur la Loire

22 juin – Signature de l’Armistice à Rethondes. Division de la France en deux zones (occupée – libre Grand-Sud)

24 juin - Minuit – Arrêt des hostilités

A Chasselay

carte des combats du Rhône et de l'Isère en France 1940

carte des combats du Rhône et de l’Isère en France 1940

15 – 16 juin  – Pour protéger les arrières de l’Armée des Alpes, désormais prise entre deux feux, mise en place à la hâte, d’un verrou défensif aux abords de Lyon dont les 31 ponts sont minés. De Tarare au Mont Verdun, sont organisés des points d’appui pour contrôler les accès de Lyon par la nationale 7( P.A L’Arbresle) et 6 (P.A Civrieux d’Azergues – Chasselay). Pour l’essentiel, il s’agit du 25ème R.T.S détaché depuis Valence, de la 8ème D.I.C, de batteries de D.C.A reconverties en artillerie anti-chars, de divers éléments de dépôts d’infanterie régionaux. (Général de Mesmay).

16 juin à Chasselay de 14h30 à 24 h environ - une Compagnie de Légionnaires assistée de volontaires du village installent des barrages en chicane sur toutes les voies d’accès au bourg. Cependant qu’à Bordeaux, cette
même nuit, le Maréchal Pétain, nouveau chef de l’Etat français, demande l’Armistice aux Allemands.

17 juin – la troisième Compagnie du 1er Bataillon du 25ème R.T.S (Capitaine Gouzy) prend la relève des Légionnaires qui gagnent les rives de la Saône et continue la mise en place au Couvent de Montluzin et au lieu-dit « Montfort (ferme de la Préférence) » d’une batterie de quatre canons de 75 (405ème R.A.D.C.A) – Lieutenant
Pangaud- soutenue par une centaine de soldats dont quarante africains. D’autres éléments fortifient Chasselay, cependant qu’un poste de secours est installé au village avec le Dr Peyronnet, la pharmacienne Mme Morin et deux infirmières, chez Mme Villard-Joannard. Les Soeurs de Nevers, valides, se replient sur le château du Plantin. La Supérieure, Mère Clothilde, reste sur place avec les soeurs infirmes et assiste consternée et
sceptique, à la transformation du couvent en Bunker (cf. leur propre relation des faits).

12h30 – message radiodiffusé du Maréchal Pétain :  » c’est le coeur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat ».

… Mais les Allemands continuent leur fulgurante progression…

Nuit du 17 au 18 juin – Sur la demande du Préfet du Rhône (Bollaert), Edouard Herriot, Maire de Lyon, Président de l’Assemblée nationale, parvient à joindre, en pleine nuit, le Maréchal et obtient de déclarer « Lyon, ville ouverte ». L’ordre est donc peu à peu transmis aux militaires concernés de bloquer le dispositif de minage des ponts et de replier le dispositif de défense.

18 juin – Ces ordres parviennent tardivement et inégalement aux divers corps concernés, dont l’ordre de mission était jusque là de « tenir la position sans esprit de recul, même débordés ». Les connexions entre les points d’appui et leur commandement sont hasardeuses. En revanche, les Allemands connaissent ces instructions nouvelles corroborées par la Presse et la Radio dès le matin du 19. Leurs colonnes foncent sur Lyon, « ville
ouverte » en arborant le drapeau blanc…

L’Appel du Général de Gaulle vers 22h depuis Londres passe pratiquement inaperçu.

Mercredi 19 juin : 10h – Au barrage avancé de Montluzin, l’adjudant Régnier abat dans la première voiture de reconnaissance de la colonne d’infanterie portée (Division « Gross Deutschland ») l’officier et son drapeau blanc. Tir suivi des salves de 75 qui font de nombreuses victimes chez l’ennemi, surpris puis furieux. A leur tour, après quelques tirs sur Machy, ils concentrent leur artillerie et leur infanterie sur le couvent de Montluzin, dont le choix comme bastion scandalisera et irritera le commandement ennemi. Les combats sont d’une grande violence et les représailles sans pitié pour « les Indigènes » et leur encadrement. Exécution sommaire des Noirs, de quatre artilleurs et de deux officiers français.

Le lieutenant Pangaud a la vie sauve pour ne pas faire partie de « la coloniale » et peut-être pour être le père de
cinq enfants mineurs.

15h – Fin des combats de Montluzin

16h30 – les Allemands passés par la rive droite de la Saône et par Champagne défilent à Bellecour.

20h – A la hauteur de la montée de Balmont, une vingtaine de prisonniers des combats de Montluzin – Chasselay sont sortis des rangs – ils sont africains- et exécutés. Interdits de sépulture, ils sont arrosés d’essence. Relevés le 21 et inhumés à la Guillotière, ils seront transférés au TATA les 27 et 28 mai 1942.

Le soir – A Chasselay, le Capitaine Gouzy regroupe les rescapés au château du Plantin. Il a appris l’arrivée des Allemands à Lyon mais ignore apparemment l’ordre de décrochage du 25ème R.T.S. Il peut aussi penser
à faciliter celui-ci en retardant l’avance allemande. Quoi qu’il en soit, il rassemble ses hommes et -rapport du caporal- Mitrailleur Scandariato- tous répondent « présent » pour un « dernier baroud d’honneur, la Coloniale ne se rendant pas sans un dernier combat ». Selon ce rapport, cette scène aurait eu lieu le lendemain 20 juin à
midi.

20 juin – Au château du Plantin, à Chasselay, transformé en point d’appui, privé de toute liaison logistique avec
son bataillon, les rescapés de la 3ème Compagnie – 15 sous-officiers et soldats français avec 60 tirailleurs sénégalais- font leurs ultimes préparatifs.

La matinée est calme: le Maire de Chasselay, Maître Blanc, organise avec des villageois volontaires l’inhumation sommaire des victimes de Montluzin. Une autre équipe venue les relever avec le secrétaire de Mairie, Monsieur Murard, instituteur, va, en fin de matinée, rapidement se replier : une colonne motorisée arrive par la nationale 6. Au barrage dit « le Celard », des véhicules de reconnaissance repèrent le premier barrage. Quelques tirs sporadiques révèlent à l’ennemi la présence militaire au village. Le garde-champêtre blessé – il décèdera à Villefranche le lendemain- en sera la première victime civile. La redoute du château finit par être repérée et l’assaut s’organise depuis les Chères et Montluzin. Combat inégal entre des tirailleurs sans soutien et des forces ennemies qui disposent d’hommes, de munitions, d’artillerie ; au bout d’une heure ou deux, vers 15 h, sont faits prisonniers 9 européens et 51 tirailleurs africains. La résistance inattendue, héroïque, d’une poignée d’hommes, suscite moins le respect dû au courage que la fureur de l’ennemi confronté, une fois de plus, à la Coloniale abhorrée. Le Capitaine Gouzy est sévèrement blessé au genou pour avoir protesté contre des sévices envers un de ses hommes.

La colonne de prisonniers où Blancs et Noirs sont nettement séparés prend la route des Chères. A proximité du lieu dit « Vide-Sac », des éléments de la division « Totenkopf » qui vient d’en finir avec la résistance organisée vers la nationale 7 – croisent la colonne. Ces « S.S » sont déjà tristement célèbres pour leur cruauté envers les prisonniers. Ils connaissent aussi les instructions du Haut-Commandement : « les Indigènes doivent être traités avec la plus grande rigueur », et les théories racistes de leur Führer envers ces « sous-hommes ». Pendant que les Blancs sont maintenus couchés à terre , sur l’autre côté de la route, leurs camarades et frères d’armes africains sont mitraillés dans le dos, massacrés méthodiquement, avec des chars qui s’acharnent sur les blessés. L’ennemi continue sa route…

Les détonations insolites alertent le village. La nouvelle du massacre horrifie les habitants qui ont, pendant quatre jours vécu avec ces hommes.

Mme Morin va tout faire pour atténuer les souffrances des moribonds, évacuer deux blessés, réconforter… 48 tirailleurs ont été massacrés. 15 tirailleurs rescapés du combat et de la tuerie sont peu à peu retrouvés, blessés pour la plupart. Les villageois les cachent, les soignent, les font transférer à l’hôpital.

Une soixantaine d’habitants avec Mr Murard, vont creuser pour ces « interdits de sépulture » une fosse commune, après identification éventuelle. Des casques et des fleurs marquent l’emplacement. Sur les 226 victimes des combats des 19 et 20 juin 1940, 114 ont été exécutées.

20 juin – A la Charité-sur-Loire, l’unité où a été incorporé le tirailleur Léopold Sedar Senghor, agrégé de grammaire, est capturée. Les Noirs, mis à part, sont alignés pour l’exécution. J ‘ai eu l’honneur d’apprendre de lui-même, au cours d’un repas avec son camarade à Louis-le-Grand et vieil ami Louis T.Achille, notre président fondateur- que les Africains avaient décidé de crier « Vive la France, Vive l’Afrique Noire ».

L’intervention d’un officier français auprès d’un officier allemand, invoquant « l’honneur aryen » souillé par cette barbarie, lui sauve la vie.

Il sera prisonnier jusqu’en février1942. Dans ces camps, rescapé de la mort, leçon de vie souvent méditée – il connaîtra les privations et les humiliations. Mais il va surtout y redécouvrir l’Afrique, de toute origine- les deux fils de Félix Eboué et les simples soldats.

Cette solidarité dans le malheur qui frappe la France où il sert comme professeur, ces retrouvailles avec l’Afrique profonde lui inspireront « Hosties noires », son second recueil publié après « Chants d’Ombre ».

 

D’autres massacres

Airaines (Somme), 7 mai 1940

53e RICMS de la 7e DIC

7e Panzerdivision (Erwinn Rommel)

Prisonniers 26 + 83 exécutés avec ou sans témoins

Assassinat de Charles N’Tchoréré

 

Clamecy, 16 juin 1940

Incident puis représailles : 20 exécutés puis 21

autres qui refusent de les ensevelir

 

Feucherolles, 16 juin

26ème RTS

Blessés et achevés

50 fusillés de sang-froid près de Chartrainvilliers.

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